Le secteur aéronautique, considéré comme une industrie de pointe doit aujourd’hui faire face à de nouveaux défis. Les groupes mondiaux tels qu’Airbus, Dassault ou encore Boeing ont anticipé la nécessité d’une transformation dans leur mode de production pour répondre efficacement aux exigences du marché.

 

 

En effet, le marché aéronautique connaît une croissance historique qui représente 4 000 milliards d’euros. Le carnet de commandes d’Airbus affiche complet pour les dix années à venir et le groupe prédit que la flotte mondiale d’avions devrait plus que doubler dans les vingt prochaines années. Cependant, la cadence de production est trop lente et les avionneurs ne sont pas à même de satisfaire cette demande et doivent ainsi opérer des réformes.

 

Optimiser la production par l’automatisation et la technologie

Si l’aviation est un secteur employant des technologies de pointe, la plupart des tâches de production sont exécutées à la main et les machines agissent souvent en support.

En réponse à ce problème, Airbus a lancé en 2015 un projet de smart factory avec pour objectif de doubler sa vitesse de production. Pour cela, l’entreprise entend par exemple développer un robot pour fixer les portes des avions au fuselage ou encore utiliser la réalité augmentée pour remplacer les vérifications manuelles qui nécessitent habituellement plusieurs semaines.

Cependant, cette transition vers la robotique et les outils automatisés doit être intégrative pour les employés. Des formations sont à prévoir pour le personnel afin qu’il découvre l’utilisation de ces nouveaux outils, mais plus important encore, le rôle qu’ils vont jouer dans leur quotidien. Le PDG d’Airbus explique que l’introduction doit être progressive afin de ne pas inquiéter les employés, souvent réticents à intégrer de nouveaux process de travail. Il est notamment question d’inclure les intéressés dans la réflexion afin que ces outils répondent au mieux à leurs besoins et ne leur soient pas tout simplement imposés.

 

Fluidifier les processus d’externalisation

Afin de réduire les coûts et augmenter la qualité de chaque élément de production, les avionneurs ont fait appel à des sous-traitants qui pour certains travaillent exclusivement en partenariat avec eux. Si les gains sont évidents, ces associations ont pour désavantage de fragiliser la supply chain notamment en ce qui concerne les procédures de contrôle et la transmission de l’information en temps réel.

En ce sens, WEVIOO et EURODECISION ont décidé de construire ensemble des solutions digitales destinées à l’amélioration de la supply chain aéronautique.[1]

D’un côté, l’expertise du groupe international de conseil et de services numériques Wevioo conçoit la partie opérationnelle du projet. Ayant déjà pour client Airbus, Thales et Zodiac aéronautique, l’entreprise entend réfléchir aux besoins des industriels à leurs côtés et apporter une réponse digitale et fonctionnelle. De l’autre côté, Eurodecision met ses compétences en matière de mathématiques décisionnelles pour concevoir les algorithmes au coeur des outils et des process proposés. Les aspect clés de la supply chain sont donc ciblés par ces solutions par exemple l’affectation des matières premières dans les différentes usines ou le respect des délais de livraison. De plus, les systèmes proposés intégreront l’intelligence artificielle capable d’identifier les besoins de la chaine de production et les aléas. Donneur d’ordres, le système pourra réorganiser les équipes de son propre chef et répondre ainsi aux imprévus.

 

Connectivité et collaboration

En termes de logistique, la récente complexification de la chaine de production et d’approvisionnement semble être un frein au respect des délais et aux exigences de qualité. En effet, le manque de communication et de process communs entre fournisseurs et décideurs rend le respect des livrables difficile à atteindre.

Dans une supply chain complexe, les informations sont partiellement transmises et le suivi de la production est interrompu par ce va-et-vient qui ralentit les deux parties. De plus, les outils de transmission de l’information ne sont pas à jour et cela pose un problème de connectivité.

Pour répondre à ces besoins, il semble nécessaire d’intégrer leurs fournisseurs dans tout le processus de production et ce dès la conception. On peut penser à des équipes pluridisciplinaires dont les compétences réunies sur une même étape de production permettraient de mieux contrôler l’avancée et de desceller les dysfonctionnements au plus tôt. C’est en effet dans ce dernier cas que les délais sont le plus rallongés à cause des problèmes de transmission de l’information et de l’incapacité à réagir à temps.[2]

 

Cependant, fournisseurs et décideurs doivent totalement repenser leur relation. Il n’est plus question d’envisager des échanges linéaires mais bien transversaux et collaboratifs. Cela implique un investissement conséquent notamment en termes de confiance et donc une protection des intérêts de chaque partie plus difficile à mettre en place. En effet, la sécurité dans un domaine aussi crucial que l’industrie aéronautique est au cœur des préoccupations.

D’autre part, des outils interconnectés sont à l’essai pour assister toute la chaine de production et d’approvisionnement. Ils permettront à toutes les parties de suivre chaque étape en temps réel malgré la distance. C’est ici que réside l’avancée la plus importante en termes de gain de temps puisque l’outil de suivi et de transmission d’information sont réunis.

Encore une fois, ces outils doivent être intégrés au quotidien et pensés pour transmettre les informations. Cela pose encore une fois la problématique de la perception des changements quotidiens par les employés. De plus, la sécurité des informations doit être assurée notamment car elles seront plus vulnérables aux cyber-attaques et à l’espionnage industriel.

 

De la nouveauté, et ensuite ?

Malgré ces avancées technologiques, un défi de taille souligné par le président d’Airbus reste à relever : celui de l’assimilation. Comment permettre aux équipes et aux domaines concernés d’appréhender ces nouveaux outils et méthodes ?

On touche ici à de la transformation d’organisation et donc à la nécessité d’adopter une conduite du changement. Ces nouveaux apports impactent les employés, le fonctionnement d’équipe, les tâches opérationnelles et les process de travail de toute l’entreprise. Pour introduire de la nouveauté à fort impact organisationnel, il est essentiel d’avoir la bonne approche :

  • Analyser les impacts à toutes les échelles de l’organisation
  • Impliquer les acteurs dans la construction d’une stratégie du changement
  • Communiquer la stratégie & former les équipes
  • Piloter la mise en place la stratégie de manière intégrative

 

[1] https://www.voxlog.fr/actualite/3337/eurodecision-et-wevioo-s-associent-pour-repondre-aux-defis-de-l-industrie-aeronautique
[2] https://www.usinenouvelle.com/article/les-enjeux-de-transformation-de-la-supply-chain-a-l-ere-de-l-industrie-4-0.N780529

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